Test - New Génération
Mardi, 29 Janvier 2008 20:37

En 1997 Capcom sort enfin le jeu que tout le monde attend depuis des lustres. Le Street Fighter qui porte enfin le chiffre 3. Conscient d’avoir marqué à jamais le monde des jeux vidéo avec le cultissime Street Fighter 2, la firme japonaise surfe sur la vague du succès depuis plusieurs années. Néanmoins les dernières productions attestent de la même caractéristique…elles deviennent de plus en plus accessibles et perdent quelque peu l’aspect hardcore gamer. Street Fighter III était donc le titre rêvé pour lancer une série destinée aux vrais gamers.

Dans sa logique, Capcom ne fait pas la bêtise de lâcher ses autres licences bien plus grand public. En effet, les jeux destinés aux gamers ne font pas forcément autant recette que certains comme les cross overs très funs. Bien leur en a pris vu que Street Fighter III fut autant acclamé par les pros de la baston 2d que critiqué par les joueurs lambda de par le soi disant manque de nouveautés, de charisme ou d’impression de déjà vu. Voyons pourquoi ces derniers avaient tort.

En premier lieu, impossible de ne pas être choqué. Seul Ryu et Ken subsistent au casting (et encore, la rumeur courrait que mêmes ces emblèmes ne seraient plus là) et celui-ci compte onze combattants. Ce n’est clairement pas énorme mais on ne peut être que ravi si l’on adhère à la nouvelle optique de Capcom. En effet, finis les stéréotypes qui n’ont à cette époque plus lieu d’être comme le gros Russe, le militaire américain ou le sumo japonais. Ce qui était de mise bien des années auparavant ne l’est plus forcément. Capcom l’a bien compris et offre une nouvelle jeunesse à son casting et rafraîchit le tout. De ce point de vue on ne peut être déçu si ce n’est par Sean, qui à l’instar de Dan, est plus la pour faire rire que pour autre chose. Bien dommage vu qu’il prend une place dans le nombre de persos. On imagine aisément le gain qu’un Urien par exemple aurait pu apporter directement au jeu à la place du low tier qu’est cette parodie de Ken. Le reste plait. Elena est très réussie de part son style ainsi que son design, Ibuki est vive, Oro surprenant, Alex bien plus classe qu’un T-Hawk tout comme Dudley vis-à-vis de Balrog, les frères Yun/Yang transpire de charisme, Necro nous change de Dhalsim et le nouveau boss Gill tient son rôle au vu du nouveau scénario.

Deuxièmement, la claque graphique se fait sentir. Le jeu est beau, très beau même. Tellement beau qu’il est inutile de dire qu’il écrase complètement la concurrence de l’époque. Il suffit de regarder des screens de jeux de combats 2d de 1997 pour s’en rendre compte. Les décors sont très fins et variés, en particulier celui d’Ibuki, de Ryu ou de Dudley. Les persos eux, sont tout aussi détaillés et les artworks montrent des traits plus matures pour Ryu/Ken. Le nouveau système de Capcom (cps3) impressionne mais ce n’est rien comparé à la claque que l’on se prend juste après avoir découvert le premier décor…je parle bien sur de l’animation !!

Non seulement le jeu est rapide et fluide mais les persos possèdent un nombre incroyable d’étapes d’animation ce qui rend le tout très naturel. Il suffit de voir le mouvement de ceinture de Ken pour être épaté. L’animation est tellement magistrale que Snk sera obligé de sortir un jeu dans la même veine (Mark of the wolves) pour ne pas être distancé. La réalisation de ce Street Fighter III écrase tout sur son passage.

Une fois ces claques passées ou du moins un peu atténuées, on peut se pencher sur l’élément le plus important dans un jeu de baston, le gameplay. Sans aucun doute, il s’agit de l’élément le mieux maîtrisé de ce nouvel opus. Tellement maîtrisé que le grand public n’a rien vu de sa profondeur ce qui a engendré beaucoup de critiques. Tout d’abord, lors du choix de son perso on doit choisir son super art (furie quoi…). On ne peut en avoir qu’une (à noter qu’en versus il est possible d’en choisir une différente pour chaque round). Cette limitation est salutaire vu que l’adversaire sait donc forcément quelle furie va sortir si une furie sort. Cette idée limite clairement le jeu de ceux qui tentent un peu tout au hasard. Avantage aux gamers. Mais ceci n’est rien comparé à LA nouveauté de ce jeu, le parry. Tout simplement LE détail de gameplay le mieux pensé tous jeux de baston 2d confondus. Pour résumer il « suffit » d’appuyer sur avant au lieu d’arrière (la garde) au moment de l’impact d’un coup pour le dévier, l’annuler (et de ce fait ne subir AUCUN dommage contrairement à la garde classique) et prendre l’avantage pour couronner le tout. Une idée génialissime qui, pour celui qui le maîtrise, est un avantage certain vu qu’il est possible d’annuler les combos adverses jusqu’aux furies en ayant le timing approprié. L’entraînement est de rigueur avant d’être à l’aise mais le jeu en vaut la chandelle. Un apport technique tellement fort que Snk le copiera également dans son Mark of the wolves (just defended). Ce détail permet également aux joueurs de tenter des persos moins forts sans être trop désavantagés vu la possibilité de compenser. Mis à part le très haut niveau, ce détail rééquilibre carrément le casting. Peut être le détail qui fait que cette série Street Fighter III est destinée à devenir mythique. A coté de cela, on peut citer d’autres ajouts tels que le quick recovery pour se relever plus vite ou l’impossibilité de bloquer en l’air (mais pas de parer !!). Inutile de s’étaler plus (encore une fois rendez vous dans le lexique) on voit clairement que ce jeu est devenu bien plus technique. Une très bonne chose.



Du point de vue sonore, pas grand-chose à signaler, une musique de bonne qualité et de bons bruitages accompagnent le tout. Rien de décevant, juste qu’après la claque de l’animation, des graphismes et du parry, difficile d’encore être surpris.

Le scénario quant à lui est classique et relance une intrigue. Finie la traque infinie de l’organisation de Bison (mort depuis…) et bienvenue a Gill, dieu auto proclamé adepte d’une utopie avec sa secte des Illuminati. Chaque personnage ayant ses motivations propres comme d’habitude pour participer au tournoi. Gill lui, organise avec son organisation afin de trouver des élus, voire l’élu. Inutile de s’étaler sur chaque motivation ici, ce n’est pas le but (voir les fiches des persos). On regrettera juste un manque flagrant, pour ne pas dire total, de liens avec Street Fighter 2. Le mode arcade nous fait donc parcourir le monde comme au bon vieux temps afin d’affronter finalement Gill au terme de six combats.



En conclusion, que pensez de cet opus de Street Fighter III ? Bien entendu, les deux suites lui sont vraiment supérieures vu qu’elles reprennent à chaque fois l’ensemble de l’opus précédent et y ajoutent pas mal de nouveautés. Ceci dit, ce Street Fighter III New Generation est vraiment un coup de cœur. Sublime dans ses graphismes comme dans son animation, la réussite de ses innovations de gameplay n’ont d’égales que la difficulté surmontée de suivre un jeu aussi mythique que Street Fighter 2, pari largement réussi par Capcom qui a su relancer une série en revenant à ses fondements mêmes tout en y ajoutant une fraîcheur inédite. Ce premier opus est bel et bien une perle, la graine qui va permettre à maturation de voir venir le meilleur Street Fighter jamais réalisé.